Visualisation de l’augmentation du volume sonore
sur la même piste, remasterisée quatre fois depuis 1983.

La Guerre du Son réfère à la tendance de l’industrie musicale à enregistrer, produire et émettre la musique à un volume de plus en plus fort, afin de créer un son qui se démarque d’autres albums compétitifs. Ce phénomène s’observe particulièrement dans le milieu radiophonique et sur les album CD et DVD.

La principale raison à ce genre de pratique est qu’en comparant deux albums, celui dont le volume est le plus imposant sera souvent perçu comme de meilleure qualité. Cela est dû à la façon dont l’oreille humaine perçoit différents niveaux de pression sonore: plus ce niveau est fort, plus l’on perçoit les différences entre les hautes et les basses fréquences. Une musique dont le niveau est plus élevé est plus facile à entendre dans un environnement bruyant ou sur un matériel de mauvaise qualité (les formats audio web, radio AM, téléphones, etc.). Mais la réalité est toute autre.

Les média numériques (Mp3, CD audio etc.) ne peuvent outrepasser un volume maximum. Si un son dépasse ce niveau, le signal est alors écrêté (clipping). En fonction du volume appliqué, le clipping peut passer inaperçu, il peut également être perçu comme un « clic », mais si le son est trop fort, il sera distordu, dur et fatiguant à écouter.

Comme l’amplitude maximale d’un CD est limitée, le volume ne peut être augmenté qu’en comprimant la portée dynamique (c’est à dire la différence entre le son le plus fort et le son le plus faible). Il en résulte une forte diminution, voire une totale destruction des pics, un écrêtage de l’onde sonore bref, le son perd tout son détail et sa profondeur. Un CD diffusé par une station de radio se verra appliquer une nouvelle fois une compression propre à cette station, ce qui réduira d’autant plus la portée dynamique. Au final, la musique qui était probablement écoutable au départ, se transforme en un bruit saturé continu agressif, plat et sans intérêt.

Nombreux sont les opposants à ce genre de pratique, certains ingénieurs, travaillant souvent pour de grandes maisons de musique, clament avoir été forcés à appliquer ces techniques pour attirer l’attention des éditeurs. Certains groupent font signer des pétitions pour que leurs albums soit réédités avec une moindre distorsion. D’autres signalent en magasin par des stickers, les albums à acheter et ceux à éviter. Certains experts en acoustique sont également concernés par le potentiel dommage que pourrait entraîner de telles pratiques, notamment chez les enfants en bas age.

Des solutions existent, notamment ReplayGain qui est probablement la solution la plus utilisée et la plus simple, permettant de « niveler » le volume d’une piste ou d’un album entier à un niveau raisonnable. Notons cependant que ReplayGain ne fait que diminuer le volume d’une piste donnée mais n’en restaure pas la dynamique. Un CD au son saturé peut difficilement être désaturé.

Une autre solution, certainement plus efficace, serait d’arrêter de vendre de la m…usique de m…auvaise qualité à des prix dérisoires, d’épargner nos oreilles en laissant les ingénieurs faire leur travail et de ne pas négliger la qualité de la vraie musique sous prétexte de faire de l’argent.

Source, Images : [[ Wikipedia ]]